Le Gabon vient de perdre l’une des figures les plus marquantes de son histoire contemporaine. Le professeur Pierre-André Kombila Koumba, médecin cardiologue, ancien ministre et opposant historique, est décédé jeudi 15 octobre 2026 à Libreville, à l’âge de 85 ans, des suites d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Surnommé « PAK », cet intellectuel au franc-parler aura traversé plusieurs décennies de vie publique, entre engagement médical, luttes démocratiques et responsabilités politiques.

Un pionnier de la cardiologie devenu opposant historique

Né le 8 mai 1941 au lac Anengué, dans l’Ogooué-Maritime, Pierre-André Kombila Koumba avait poursuivi ses études de médecine en France avant de rentrer au Gabon en 1977. Considéré comme le premier cardiologue gabonais, il contribue dès 1978 au développement du service de cardiologie de l’Hôpital central de Libreville. Une carrière médicale qui fera de lui une référence pour plusieurs générations de praticiens.

Mais c’est également sur le terrain politique que le professeur Kombila s’impose. Au début des années 1990, dans le contexte du retour au multipartisme, il devient l’une des voix de l’opposition au régime d’Omar Bongo Ondimba. Premier secrétaire du Rassemblement national des bûcherons (RNB), aux côtés de Paul Mba Abessole, il participe aux grandes batailles politiques de cette période et siège à l’Assemblée nationale.

Après une rupture avec son ancien compagnon politique, il prend la tête du RNB-Démocratique et se présente à l’élection présidentielle de 1998. Son itinéraire le conduit ensuite au gouvernement, où il occupe notamment les fonctions de ministre de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle en 2006, puis de ministre des Ressources hydrauliques et des Énergies nouvelles en 2009.
Une voix singulière de la vie publique gabonaise

De la blouse blanche aux tribunes politiques, Pierre-André Kombila Koumba aura connu les affrontements idéologiques, les responsabilités ministérielles et les recompositions successives du paysage politique gabonais. Son tempérament, sa liberté de ton et ses prises de position lui avaient valu autant de soutiens que de critiques.

Au-delà de ses engagements partisans, il laisse l’héritage d’un médecin ayant contribué à structurer la cardiologie nationale et d’un acteur politique ayant vécu les grandes étapes de la démocratisation du Gabon.

Avec la disparition de « PAK », le Gabon perd bien plus qu’un ancien ministre ou un opposant historique. Il perd un témoin privilégié de son histoire, une mémoire des luttes politiques et l’une des personnalités qui auront durablement marqué la vie publique nationale.