L’affaire trouve son origine dans une opération promotionnelle réalisée pour Coquin Shop. Dans les séquences largement relayées en ligne, « La Mairesse » présente certains produits commercialisés par la boutique et en vante l’utilisation auprès de son audience. La diffusion de ces contenus a rapidement provoqué de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux avant d’attirer l’attention des autorités judiciaires.
La Police judiciaire saisie de l’affaire

Selon L’Union, la créatrice de contenus et le propriétaire de Coquin Shop ont été conduits au service des mœurs de la Police judiciaire lundi. Leur audition ferait suite à une instruction de la justice gabonaise demandant aux services compétents de les entendre à propos de ces publications. Une source proche du dossier citée par le quotidien indique qu’ils devraient être présentés au parquet de la République cette semaine.

Certaines informations circulant autour de l’affaire font également état d’un passage en cellule de « La Mairesse ». Ce point n’est toutefois pas précisé par la source judiciaire rapportée par L’Union. À ce stade, il convient donc de s’en tenir aux éléments établis : la créatrice de contenus et le responsable de la boutique ont été entendus dans le cadre d’une procédure portant sur des faits présumés d’outrages aux bonnes mœurs.
Jusqu’à deux ans de prison prévus par le Code pénal

Le dossier pourrait notamment être examiné au regard de l’article 212 du Code pénal gabonais. Dans sa version publiée par le Journal officiel, ce texte prévoit jusqu’à deux ans d’emprisonnement et 2 millions de FCFA d’amende, ou l’une de ces deux peines seulement, pour certaines formes de fabrication, détention, distribution, affichage, vente, édition ou offre de contenus, images ou objets considérés comme contraires aux bonnes mœurs. Le même article vise également les discours publics contraires aux bonnes mœurs et le fait d’attirer publiquement l’attention sur une occasion de débauche.

L’existence de ces dispositions ne signifie cependant pas que leur violation est déjà juridiquement établie dans le cas de « La Mairesse » et de Coquin Shop. Il appartiendra aux autorités judiciaires de déterminer si les contenus diffusés entrent effectivement dans le champ de l’article 212 et, le cas échéant, les responsabilités individuelles de chacun.
Une affaire très commentée sur les réseaux sociaux

L’affaire connaît d’autant plus d’écho que « La Mairesse » s’était jusqu’ici fait connaître par des contenus très différents, notamment autour de la cuisine, de la gastronomie et de sujets du quotidien. Cette campagne publicitaire consacrée à des produits pour adultes a donc surpris une partie de son audience et déclenché un vif débat sur les limites de la publicité sur les réseaux sociaux.

La suite de la procédure devrait permettre d’en savoir davantage sur les qualifications finalement retenues par le parquet. Une interpellation ou une audition ne valant pas condamnation, « La Mairesse » et le responsable de Coquin Shop restent présumés innocents tant qu’une juridiction n’a pas établi leur culpabilité. Leur éventuelle présentation devant le parquet sera désormais la prochaine étape à suivre dans ce dossier.