Égypte : l’ONU dénonce la « rotation », un outil de détention arbitraire prolongée

Gabon Matin

Le chef des droits humains de l’ONU a exhorté mardi Le Caire à mettre fin à une pratique de détention arbitraire utilisée pour réduire au silence les critiques du régime. Derrière l’euphémisme administratif de « rotation » se cache en réalité une mécanique aussi inhumaine qu’implacable : au moment où un prisonnier doit être libéré, de nouvelles charges sont aussitôt portées contre lui, prolongeant indéfiniment sa détention.

Auteur : Gabon Matin
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Égypte : l’ONU dénonce la « rotation », un outil de détention arbitraire prolongée

Le chef des droits humains de l’ONU a exhorté mardi Le Caire à mettre fin à une pratique de détention arbitraire utilisée pour réduire au silence les critiques du régime. Derrière l’euphémisme administratif de « rotation » se cache en réalité une mécanique aussi inhumaine qu’implacable : au moment où un prisonnier doit être libéré, de nouvelles charges sont aussitôt portées contre lui, prolongeant indéfiniment sa détention.

Selon Volker Türk, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, ce système est devenu un instrument privilégié du gouvernement égyptien d’Abdel Fattah Al-Sissi, pour réprimer « ceux qui sont perçus comme critiques ou opposants politiques ». Avocats, défenseurs des droits humains, avocats, journalistes, militants ou simples manifestants pacifiques en font régulièrement les frais.

« Le gouvernement égyptien doit immédiatement mettre fin à cette pratique de “rotation” et libérer toutes les personnes qui en ont été victimes », a insisté M. Türk dans un communiqué.

La méthode est simple et redoutable : dès qu’un détenu arrive au terme de sa peine ou de sa détention provisoire, de nouvelles accusations tombent. Le plus souvent fondées sur des dispositions soit-disant « antiterroristes », ces accusations reprennent les mêmes griefs, rarement étayés, que ceux déjà jugés.

Le cas du poète Galal El-Behairy

Dernière illustration en date : celle du poète Galal El-Behairy. Condamné en 2018 pour des textes satiriques visant le pouvoir, il a terminé sa peine en juillet 2021, mais il n’a jamais recouvré la liberté.

Depuis, il est visé par deux nouvelles affaires, l’une en vertu du code pénal égyptien et l’autre d’une loi antiterroriste. Le 19 août, il a encore été interrogé par le parquet suprême de la sûreté de l’État, qui a prolongé sa détention d’au moins quinze jours.

Des figures emblématiques toujours enfermées

El-Behairy n’est pas un cas isolé. L’écrivain et militant Alaa Abdel Fattah, l’avocate et ancienne membre du Conseil national des droits humain Hoda Abdel-Monei, le fondateur de l’Association des familles de disparus de force Ebrahim Metwally Hegazy, ou encore le militant et ancien porte-parole du Mouvement du 6 Avril Mohammad Adel Fahmy Ali, restent eux aussi derrière les barreaux.

« Il est essentiel que les autorités égyptiennes veillent à ce que les procédures judiciaires, et en particulier l’application des lois antiterroristes ou d’autres lois pénales, ne soient jamais utilisées pour punir des personnes qui exercent leurs droits humains fondamentaux  », a martelé Volker Türk.

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