Chris Hughes, cofondateur de Facebook, appelle à casser le réseau social

La rédaction de GabonTime

Celui qui était colocataire de Mark Zuckerberg pendant ses années à Harvard appelle les Etats-Unis à faire jouer les lois anti-trust du pays afin de diviser Facebook en plusieurs sociétés. Selon lui, ce monopole nuit autant à l’innovation et à l’entrepreneuriat qu’aux citoyens américains et à leur vie privée.

Auteur : La rédaction de GabonTime
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Chris Hughes, cofondateur de Facebook, appelle à casser le réseau social

Celui qui était colocataire de Mark Zuckerberg pendant ses années à Harvard appelle les Etats-Unis à faire jouer les lois anti-trust du pays afin de diviser Facebook en plusieurs sociétés. Selon lui, ce monopole nuit autant à l’innovation et à l’entrepreneuriat qu’aux citoyens américains et à leur vie privée.

« Il est temps de casser Facebook ». L’appel de Chris Hughes, cofondateur du réseau social, est sans ambiguïté.

Dans un très long texte, celui qui a été le colocataire de Mark Zuckerberg pendant ses années à Harvard, et avec qui il a cofondé l’actuel géant de la tech, revient sur la position dominante mais à son avis délétère dont jouit le réseau social lancé en 2004 , ainsi que sur celle de son patron.

Pour l’homme qui a vendu ses actions Facebook en 2012, le monopole de Facebook, notamment basé sur le rachat de WhatsApp et Instagram, nuit d’abord gravement à l’innovation et à l’entrepreneuriat.

« Imaginez un marché concurrentiel dans lequel [les utilisateurs] pourraient choisir parmi un réseau offrant des normes de confidentialité plus strictes, un autre payant, mais contenant peu de publicité, et un autre permettant aux utilisateurs de personnaliser et d’ajuster leurs flux à leur guise. Personne ne sait exactement ce que les concurrents de Facebook proposeraient pour se différencier. Et c’est exactement ça le problème », écrit-il dans sa tribune publiée par le New York Times.

Inaction des autorités américaines
D’autant que l’absence de réelle concurrence met en danger les données des utilisateurs car ils ne peuvent pas réellement quitter Facebook, faute d’alternative.

C’est ce qui s’est passé après les révélations du scandale Cambridge Analytica, où, malgré le mouvement populaire « supprime Facebook », assez peu d’utilisateurs ont réellement sauté le pas.

Facebook encore critiqué pour sa gestion des données personnelles
Or, si Facebook a pu atteindre cette position dominante, c’est notamment du fait de l’inaction des autorités américaines, qui n’ont pas joué leur rôle de régulateur, écrit Chris Hughes.

« La plus grande erreur de la FTC (l’autorité de la concurrence américaine, NDLR) a été de permettre à Facebook d’acquérir Instagram et WhatsApp. En 2012, les nouvelles plates-formes commençaient à grignoter les parts de marché de Facebook car elles avaient été conçues pour le smartphone, où Facebook avait encore du mal à s’engager. Mark a répondu en les achetant, et la FTC a approuvé. […] Aujourd’hui, Facebook tire la majorité de sa croissance actuelle de ces deux sociétés », écrit l’ingénieur.

La FTC fait monter la pression sur Facebook
Si la FTC a laissé faire ce monopole, c’est notamment du fait du modèle économique de Facebook qui ne tire pas ces revenus du prix de son service - dans ces cas-là, la FTC n’hésite généralement pas à jouer son rôle de gendarme, comme elle l’a fait pour AT & T et IBM dans les années 1980 - mais de la publicité ciblée. C’est cela qui lui aurait permis de passer entre les mailles du filet.

Des erreurs « réparables »
Mais, selon Chris Hughes, les Etats-Unis peuvent encore réparer leurs erreurs. Et pour cela, ils doivent faire deux choses : « Rompre le monopole de Facebook et réglementer la société pour la rendre plus responsable vis-à-vis du peuple américain ». Cela signifie, dans un premier temps, diviser Facebook en plusieurs sociétés distinctes.

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« En collaboration avec le ministère de la Justice, la FTC devrait appliquer les lois antitrust en annulant les acquisitions de Instagram et de WhatsApp et en interdisant les acquisitions futures pendant plusieurs années », écrit-il. D’autant qu’il y a un précédent ajoute-t-il : « en 2009, Whole Foods a été contraint de vendre la marque Wild Oats et les magasins qu’elle avait achetés quelques années auparavant ».

Vers une régulation ?

Selon Chris Hughes, un certain nombre de signaux laissent penser que l’avenir de Facebook prend effectivement cette direction.

La sénatrice Elizabeth Warren a récemment appelé à l’annulation des fusions autour de Facebook, et en février, la FTC a annoncé la création d’un groupe de travail chargé de surveiller la concurrence entre les entreprises de haute technologie et de passer en revue les fusions antérieures.

Mais cela ne sera pas suffisant, affirme-t-il. « Nous avons besoin d’une nouvelle agence, tirant sa légitimité du Congrès, afin de réguler spécifiquement les géants de la tech. Sa première mission devrait être de protéger la vie privée. »

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