Pourquoi la musique étrangère occupe-t-elle encore autant de place dans les bars et les boîtes de nuit du Gabon ? C’est la question soulevée par le promoteur culturel Darlin Harper, à la suite d’un récent séjour au Ghana. Dans une publication du samedi 17 octobre 2026, le propriétaire d’Entre Nous Bar appelle les artistes, les DJs, les influenceurs et le public à se mobiliser davantage pour promouvoir les productions musicales gabonaises.
C’est une expérience vécue à Accra, la capitale ghanéenne, qui a nourri sa réflexion. En déplacement avec Karl Nzamba et Moupita, Darlin Harper raconte avoir passé une soirée dans un quartier animé de la ville. Mais les musiques diffusées dans les établissements lui ont immédiatement rappelé celles qu’il entend habituellement au Gabon.
« J’avais l’impression d’être dans un bar, un snack ou une boîte au Gabon », confie-t-il. Ce constat l’amène à s’interroger sur la place accordée aux artistes nationaux dans les espaces de divertissement gabonais et sur la nécessité de mieux valoriser leurs créations.
Artistes, DJs et influenceurs appelés à jouer leur rôle
Pour inverser la tendance, le promoteur culturel estime que chaque acteur de l’industrie musicale doit prendre ses responsabilités. Il encourage les chanteurs et rappeurs à multiplier les productions de qualité, tandis que les DJs devraient réserver une place plus importante aux titres gabonais dans leurs programmations.
Darlin Harper interpelle également les influenceurs, qu’il invite à utiliser leur visibilité pour faire découvrir les artistes locaux. Les promoteurs et mécènes sont, de leur côté, encouragés à investir davantage dans la création musicale. Quant au public, il constitue selon lui un maillon essentiel de cette dynamique, à travers ses choix d’écoute et son soutien aux talents nationaux.
« Ce ne sont peut-être pas les bonnes solutions, je n’en sais rien, mais je pense qu’il faut que chacun, à son niveau, même le plus bas, joue sa partition pour que ça change », reconnaît-il.
Des progrès, mais encore du chemin à parcourir
Le propriétaire d’Entre Nous Bar ne nie toutefois pas les avancées réalisées ces dernières années. Il observe une présence croissante des chansons gabonaises dans les habitudes de consommation musicale.
« Par rapport à il y a cinq ans, je trouve qu’on écoute déjà beaucoup plus la musique gabonaise, mais il y a encore des efforts à faire », souligne-t-il.
À travers cette prise de position, Darlin Harper souhaite encourager une mobilisation collective plutôt que désigner des responsables. Son message est simple : pour que la musique gabonaise gagne davantage de terrain, elle doit d’abord bénéficier d’un soutien plus fort sur son propre marché.

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