Plus de 3,7 millions de personnes ont quitté l’Ukraine dont 2,2 millions de réfugiés en Pologne

Gabon Matin

Un mois après le début de la guerre en Ukraine, plus de 10 millions de personnes ont été contraintes de fuir pour sauver leur vie, abandonnant leur maison et leurs biens. De plus, le nombre élevé de victimes civiles et l’ampleur des destructions d’infrastructures indiquent des violations du droit humanitaire international.

Auteur : Gabon Matin
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Plus de 3,7 millions de personnes ont quitté l’Ukraine dont 2,2 millions de réfugiés en Pologne

Un mois après le début de la guerre en Ukraine, plus de 10 millions de personnes ont été contraintes de fuir pour sauver leur vie, abandonnant leur maison et leurs biens. De plus, le nombre élevé de victimes civiles et l’ampleur des destructions d’infrastructures indiquent des violations du droit humanitaire international.

« Des centaines de milliers de personnes, voire des millions » auront des problèmes pour savoir où dormir à moyen ou à long terme, a affirmé Karolina Lindholm Schilling, Représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés ( HCR ). Les effets vont se faire sentir pendant « des années, voire des décennies ».

A l’intérieur de l’Ukraine, plus de 6,5 millions de personnes sont déplacées. De plus, au moins 3,7 millions de personnes ont été contraintes de franchir les frontières internationales et fuir le pays. « Ces chiffres augmentent chaque jour. On ne saurait trop insister sur la gravité de la situation », a-t-elle fait remarquer.

Face à ces mouvements de populations, les familles et les communautés auront besoin de protection, d’abri, d’aide humanitaire et d’accès aux services de base. Il s’agit notamment des besoins dans la santé, l’éducation et la protection sociale pendant des années, voire des décennies. « Les effets de cette guerre sont dévastateurs et d’une grande portée », a insisté Mme Lindholm, tout en relevant que « la forme la plus efficace d’aide humanitaire serait l’arrêt de cette guerre ».

Des actes équivalant à des violations du droit humanitaire international

Par ailleurs, le nombre élevé de victimes civiles et l’ampleur des destructions d’infrastructures civiles dans la guerre en Ukraine indiquent des violations du droit humanitaire international, a affirmé pour sa part, une Représentante du Haut-Commissariat des droits de l’homme des Nations unies ( HCDH ).

« Les bombardements indiscriminés contre les civils constituent des violations du droit international humanitaire. Chaque cas mérite d’être examiné minutieusement. Mais le nombre élevé des victimes civiles, et l’ampleur des pertes civiles, ainsi que les dommages causés aux objets civils, suggèrent fortement la violation du droit international humanitaire lors d’attaques indiscriminées », a souligné par vidéoconférence, Matilda Bogner, Cheffe de la mission de surveillance des droits de l’homme du HCDH en Ukraine.

Le HCDH pointe du doigt les violations des principes de distinction et de proportionnalité, mais aussi l’interdiction des attaques indiscriminées et la règle de base consistant à prendre toutes les précautions possibles pour éviter les victimes civiles. D’une manière générale, plusieurs incidents laissent penser à des violations du droit international humanitaire.

Enquête sur une fosse commune à Marioupol

Mais l’ONU reste plus prudente et estime qu’il est encore prématuré d’établir si de telles violations peuvent constituer de possibles crimes de guerre. Selon le Bureau des droits de l’homme de l’ONU, le décès de plus de 1.030 civils a pu être vérifié depuis le début de l’offensive russe. Mais le chiffre est probablement bien plus élevé.

Mme Bogner a également déclaré que, depuis le début de la guerre, l’ONU a reçu des informations selon lesquelles les forces russes ont tiré « sans sommation » sur des civils qui tentaient de fuir en voiture, ainsi que sur des participants à des manifestations pacifiques contre la guerre. Mme Bogner a fait état de bombardements indiscriminés qui ont tué début mars 47 personnes dans des écoles et des personnes dans l’ouest du pays.

L’ONU a pu vérifier l’utilisation de bombes à sous-munition par la Russie et mène des investigations sur un recours similaire à cet armement par les forces ukrainiennes.

La responsable onusienne a mentionné aussi des images satellites d’une fosse commune où seraient enterrées 200 personnes à Marioupol. « Des accusations de fosses communes ont été reçues et au moins une a pu être identifiée par des images satellites et, selon les estimations, environ 200 personnes seraient enterrées ».

Dans le même temps, l’ONU a fustigé aussi les raids de l’armée ukrainienne contre « les républiques autoproclamées de Donetsk et Lougansk  ». Les principes de proportionnalité et de préservation des civils « ont été violés  », a-t-elle expliqué.

Une personne sur cinq en Ukraine adopte des approches alternatives pour manger

En outre, le Bureau des droits de l’homme des Nations Unies dispose d’informations sur la détention arbitraire et la disparition forcée de 22 fonctionnaires ukrainiens dans les régions contrôlées par la Russie, dont treize ont été libérés. 15 journalistes et activistes des droits humains ont aussi été détenus, la moitié ayant été libérés. Plusieurs journalistes ont été tués.

« Nous essayons de vérifier que cinq des journalistes et trois des militants ont été libérés. Le lieu où se trouvent les autres personnes reste inconnu  », a-t-elle fait valoir.

Sur le plan humanitaire, le Programme alimentaire mondial ( PAM ) a déjà mobilisé des denrées alimentaires pour aider 3 millions de personnes à l’intérieur de l’Ukraine pendant un mois. Le PAM a fourni une aide alimentaire à 716.000 personnes et prévoit d’augmenter progressivement son aide à 1,2 million de personnes dans deux semaines et à 2,4 millions de personnes dans un mois. Au total, environ 20% de la population doit déjà trouver des approches alternatives pour manger.

« Le PAM estime qu’une personne sur cinq en Ukraine a déjà recours à certaines stratégies de gestion de la nourriture, comme la réduction de la taille et du nombre des repas et la baisse de la quantité de nourriture consommée, et que les adultes sacrifient des repas ou mangent moins pour que les enfants puissent manger », a déclaré lors d’une conférence de presse à Genève, Tomson Phiri, porte-parole du PAM. 

Un mois après le début du conflit, le PAM estime que 45% de la population ukrainienne s’inquiète de ne pas trouver suffisamment à manger. La nourriture est l’une des trois principales préoccupations, avec la sécurité et le carburant pour le transport.

Le PAM s’inquiète du manque de nourriture dans les villes assiégées comme Marioupol

Ces chiffres inquiétants ont été rendus publics alors que la chaîne d’approvisionnement alimentaire du pays est rompue. Les systèmes existants qui permettent de nourrir les dizaines de millions de personnes piégées à l’intérieur de l’Ukraine s’effondrent : camions et trains détruits, aéroports bombardés, ponts tombés, supermarchés vidés et entrepôts vidés.

Parmi les régions les plus vulnérables, l’agence onusienne est profondément préoccupée par le fait que les familles vivant dans les zones assiégées, et notamment à Marioupol, ont de plus en plus de mal à trouver de la nourriture. « Le manque d’accès aux zones touchées par le conflit et le manque de partenaires humanitaires sur le terrain sont les principaux obstacles à la fourniture d’une aide vitale aux familles en Ukraine », a dit M. Phiri.

La ville de Marioupol, encerclée, est en train d’épuiser ses dernières réserves de nourriture et d’eau. Aucune aide humanitaire n’a été autorisée à entrer dans la ville depuis qu’elle a été encerclée le 24 février. Le seul moyen d’atteindre Marioupol est de faire appel à des convois humanitaires qui, jusqu’à présent, n’ont pas réussi à passer. Kharkiv, Kyïv, Odessa, Dnipro et Sumy sont partiellement encerclées mais peuvent être atteintes par des transports commerciaux.

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