La fin du droit constitutionnel d’avorter aux États-Unis, un « coup dur pour les droits des femmes », selon l’ONU

Gabon Matin

La décision prise ce vendredi par la Cour suprême des États-Unis d’annuler le jugement Roe v. Wade, vieux d’un demi-siècle, qui garantissait le droit constitutionnel à l’avortement dans l’ensemble du pays, a été décrite par la Haute-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies comme « un coup énorme porté aux droits des femmes et à l’égalité des sexes ».

Auteur : Gabon Matin
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La fin du droit constitutionnel d’avorter aux États-Unis, un « coup dur pour les droits des femmes », selon l’ONU

La décision prise ce vendredi par la Cour suprême des États-Unis d’annuler le jugement Roe v. Wade, vieux d’un demi-siècle, qui garantissait le droit constitutionnel à l’avortement dans l’ensemble du pays, a été décrite par la Haute-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies comme « un coup énorme porté aux droits des femmes et à l’égalité des sexes ».

La décision de la Cour suprême, très attendue, a été rendue par 6 voix contre 3 dans l’affaire dite «  Dobbs v. Jackson Women’s Health  ». Michelle Bachelet a déclaré dans un communiqué qu’elle représentait un « revers majeur  » pour la santé sexuelle et reproductive aux États-Unis.

Cet acte historique rend désormais chaque État de l’Union décisionnaire des questions de légalité et d’accès à l’avortement.

Réagissant également à la décision de la Cour sans y faire spécifiquement référence, l’agence des Nations Unies pour la santé sexuelle et génésique (UNFPA) et l’Organisation mondiale de la Santé ( OMS ) ont fait remarquer que 45% des avortements pratiqués dans le monde étaient considérés comme « non sûrs », faisant de l’avortement une cause principale de décès chez les femmes enceintes.

Les agences onusiennes ont déclaré qu’il était inévitable que davantage de femmes meurent, à mesure qu’augmenteraient les restrictions imposées par les gouvernements, à l’échelle nationale ou régionale.

Des restrictions inefficaces

« Les données montrent que restreindre l’accès à l’avortement n’empêche pas les gens d’y avoir recours, mais rend la procédure potentiellement mortelle », a souligné l’UNFPA.

Selon le rapport de l’agence sur l’état de la population mondiale en 2022, près de la moitié des grossesses dans le monde ne sont pas désirées, et plus de 60% d’entre elles peuvent se terminer par un avortement.

L’UNFPA a aussi dit craindre que davantage d’avortements « pas sûrs » se produisent dans le monde si le droit d’avorter régresse.

« Les décisions qui annulent les progrès réalisés ont un impact plus large sur les droits et les choix des femmes et des adolescentes partout dans le monde  », a souligné l’agence. L’OMS s’est fait l’écho de ce message sur Twitter en rappelant que l’avortement « protège la vie, la santé et les droits des femmes  ».

Une attaque contre l’autonomie des femmes

Mme Bachelet a aussi rappelé que l’accès à un avortement sûr, légal et efficace était fermement ancré dans le droit international, qu’il était une priorité dans la voie vers l’autonomisation des femmes et des filles, et dans leur capacité à faire leurs propres choix concernant leur corps et leur vie, sans discrimination, ni violence, ni coercition.

« Cette décision prive d’autonomie des millions de femmes aux États-Unis, en particulier celles ayant de faibles revenus et celles appartienant à des minorités raciales et ethniques, au détriment de leurs droits fondamentaux  », a-t-elle averti.

La responsable des droits de l’homme a souligné que cette décision survenait après que plus de 50 pays ont libéralisé leur législation sur l’avortement au cours du dernier quart de siècle. «  Les États-Unis s’éloignent malheureusement de cette tendance progressiste  », a-t-elle déclaré.

Parallèlement, l’agence ONU Femmes a rappelé que la capacité des femmes à être maîtresses de leur propre corps était associée à leurs possibilités d’évolution dans la société, que ce soit au sein de la famille, de la population active ou du gouvernement.

Responsabilités des pays

Le programme d’action de 1994 de la Conférence internationale sur la population et le développement (CIPD), signé par 179 pays, dont les États-Unis, reconnaît le caractère mortel des avortements à risque, et exhorte chaque pays à fournir des soins post-avortement pour sauver des vies, quel que soit le statut juridique de l’avortement dans ledit pays.

Le document - issu d’une réunion de haut niveau au Caire, en Égypte - souligne également que tous les individus devraient pouvoir accéder à des informations de qualité sur la santé reproductive et les contraceptifs.

L’UNFPA, en tant que dépositaire du programme d’action, défend le droit de tous les couples et de tous les individus à décider librement et de manière responsable du nombre d’enfants désirés, de l’espacement et du moment de leur naissance, ainsi qu’à disposer des informations et des moyens nécessaires pour le faire.

L’agence a enfin averti que si les avortements non sécurisés se poursuivaient, l’objectif de développement durable n° 3 relatif à la santé maternelle, auquel tous les États membres des Nations Unies se sont engagés, risquerait d’échouer.

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